Sans Sarah, rien ne va !
Un film de : Nick Stoller
Avec : Jason Segel (Peter Bretter) ; Kristen Bell (Sarah Marshall) ; Mila Kunis (Rachel) ; …Sortie le : 18 Juin 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h51
Genre : Mortelllllle Saint-Valentin !
Public : Tous publics
Note : 5 Movizzz
L’Histoire : Ensemble depuis 5 ans, l’actrice Sarah Marshall quitte son petit ami musicien Peter Bretter. Dévasté par cette rupture, celui-ci part en vacances à Hawaï pour retrouver un semblant de moral et tombe…sur son ex et son nouveau petit ami, le chanteur Aldus Snow ! Persuadé de pouvoir la reconquérir, il reste…
L’Avis : Qu’est ce qui arrêtera la clique Apatow ?!! A l’origine producteur/créateur/scénariste de séries télés inédites en France (« Freaks and geeks » et « Les années campus ») ainsi que des premières conneries estampillées Will Ferrell. Le bougre inscrit, depuis son fameux « 40 ans, toujours puceau », chacune de ses productions comme un hit du BO ricain mais surtout comme des hits instantanés de la comédie. Après un « En cloque, mode d’emploi » qu’on pensait insurpassable pour un bout de temps, voici que « Sans Sarah, rien ne va ! » débarque et s’impose comme l’actuelle masterpiece déposée Judd Apatow. Histoire d’une comédie en passe de devenir culte !
Tout d’abord, ce n’est pas tant a Apatow qu’il faut tirer notre chapeau mais bel et bien à l’acteur-scénariste Jason Segel (Présent dans la famille depuis « Freaks and geeks », second rôle dans le récent « En cloque, mode d’emploi » et héros de l’excellente série « How I met your mother » depuis 2005) qui signe ici son premier scénario en solo. Quand on sait que jusque la, les productions Apatow s’écrivait le plus souvent a 4 mains déjà bien rodées a l’exercice de l’écriture, on n’a qu’un mot : respect ! Si certains aspects du scénar font penser a « Amour et amnésie » et surtout à « Les femmes de ses rêves », ces deux inspirations majeures disparaissent derrière un statut de comédie bien plus gustative que ses modèles (Et faut le faire !) ou le meilleur de l’humour ricain (références geek, éloge de la loose, humour décomplexé, improvisations surréalistes, private jokes, situations délirantes,…) fusionne avec une vision très juste des rapports de couples et en l’occurrence de la rupture (Jason Segel s’étant même inspiré de sa propre expérience pour nourrir le script). C’est d’ailleurs encore et toujours ce qui rend les films Apatow supérieurs a une bonne partie de la production américaine, et pas seulement rayon comédie. Sous une épaisse couche d’humour, une vrai profondeur émotionnelle que vient soutenir des personnages approfondis et attachants. Néanmoins, on ne tombe jamais dans la niaiserie car l’équipe sait toujours balancer, sans tomber dans les extrêmes, entre crudité (langage, sexualité,…) et sentiments justes. Il est fini le temps des « American Pie » et autres « Scary Movie » ou le meilleur était le plus lourd ou le plus scato. Des plaisirs coupables certes mais dont la défense contre les apôtres de la culture s’avérait vaine tant on reconnaissait les évidentes carences de ces comédies (Ou plutôt de leurs sequels et copies). Grâce a des gens comme Apatow (et les Farrelly également sur un créneau légèrement différent) ou bien le Frat-Pack, la comédie ricaine revient dans les bonnes grâces depuis bientôt cinq ans et ça fait du bien de voir des comédies de qualité avec du fond et de l’intégrité artistique. L’humour, entre les mains de la bande a Judd, est décortiqué, travaillé, varié sans concessions de durée (Il faudra s’y faire, chez Apatow, c’est deux heures ou rien, qui ici passent aussi vite que la consommation d’un joint dans un concert de reggae) ou de thématiques. Cette liberté de ton, cette fraîcheur, cet esprit geek est indispensable au paysage cinématographique actuel et c’est pour cela qu’au lieu de payer un ticket pour je-ne-sais quelle parodie a la con, ruez-vous dans les salles (même si il est vrai que le nombre d’écrans est limité et que les titres font tout sauf envie, merci les distributeurs !) pour les films Apatow, ça le mérite !
Parralélement à ça, l’ascension d’Apatow ces dernières années a coïncidé avec l’émergence (ou la confirmation) de nouveaux talents du rire tels Seth Rogen, Paul Rudd, Steve Carrell, Jonah Hill,… venant d’horizons divers mais s’affirmant comme une véritable bande, soudés et complémentaires dans l’art de la connerie décomplexée et dont la profession de foi de ne pas se soumettre a la normalisation imposée par notre monde, a assumé jusqu’au bout ses délires crétins et son ironie mais également a faire parler son cœur a rendue incontournable ses dernières années aux yeux des geeks. Il faut donc prévenir un monde incrédule que la poilade à déjà commencée et avec « Sans Sarah, rien en va ! », on a la synthèse de tout ce qu’il y a de génial chez Apatow productions. Un humour qui fait mouche et ne s’enferme pas dans des cases, des personnages délurés mais attachants, une vraie histoire bien écrite et jonglant entre la torsion de l’estomac et des sentiments véritables, sincères et justes. Un exemple pour situer à quel point les films de la clique à Judd se hissent 10 Km au dessus des autres comédies romantiques, c’est celui de Aldus Snow, le petit ami de Sarah Marshall (Géniale révélation que l’acteur anglais Russel Brand qui excelle). La ou d’autres auraient transformé ce personnage en parfait crétin antipathique et pourri, Nick Stoller et Jason Segel en font une rock star déjantée qui certes n’a pas inventé l’eau chaude mais pour lequel on a une véritable sympathie que même son ancien rival n’arrive pas a masquer tant le Aldus est cool, zen et finalement plus frappé et inoffensif que méchant et débile. Ca ne parait rien comme cela mais des choix comme ça émaillent tout le film et nous donne a voir « Sans Sarah, rien ne va ! » comme la meilleure comédie romantique depuis… « En cloque, mode d’emploi » ! Leader vous avez dit ?! Parallèlement a ça, et histoire de mordiller l’entertainment a l’américaine, le film nous offre des extraits de séries télé typée « Les experts » avec réparties a la con et jeu d’acteurs ampoulé a l’appui, tout simplement jouissives (Restez jusqu'à la fin !). De même, les chansons de Aldus Snow brocardent les artistes bobos et rebelles de supermarché avec une ironie salvatrice qui nous donnent juste envie de les fredonner tellement elles sont géniales de connerie. Quant a Kirsten Bell, l’autodérision dont elle fait preuve en incarnant Sarah Marshall (qui n’est autre que son double cinégénique) force le respect, elle n’hésite pas à se moquer d’elle-même (à savoir une actrice de série télé ambitieuse) en détruisant, au détour d’une scène de dîner, son choix hasardeux de carrière ciné qu’a été « Pulse ». Jouissif ! Puis de toute façon, tout le casting est top (D’un Jason Segel a poil aussi souvent que Django Edwards au musicien Hawaïen du troisième plan en passant par la sublime Mila Kunis et les délirants Paul Rudd et Jonah Hill) , si vous avez pas compris qu’il faut filer voir ce film, je peux plus rien pour vous et j’en ai marre d’écrire cette critique car il me faudrait 6 pages pour analyser cette comédie génialissime qui annonce encore de grands moments de rigolades tant Apatow nous surprend, lui et son équipe de joyeux lurons, de films en films, avec… la même recette ! Et ça, c’est la marque des grands créateurs !
En Bref : Du rire, du cœur, du bonheur ! Telle pourrait être la devise de la Judd Apatow Team qui s’applique plus que de raison a ce « Sans Sarah, rien ne va ! ». De la vraie, de la pure, de la grande comédie Ricaine ! S’en priver serait un outrage !