Mamma mia !

Mamma mia !
Un film de : Phyllida Lloyd
Avec : Meryl Streep (Donna) ; Pierce Brosnan (Sam Carmichael) ; Colin Firth (Harry Bright) ; …

Sortie le : 10 Septembre 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h50
Genre : Musical a la grecque
Public : Tous publics
Note : 4 Movizzz

L’Histoire : A quelques jours de son mariage, Sophie ne connait toujours pas l’identité de son père. Ayant mis la main sur le journal intime de sa mère, Donna, elle découvre trois pères potentiels auquel elle envoie a chacun une invitation pour le mariage. Tout cela sans prévenir sa mère…

L’Avis : ABBA est une véritable référence planétaire, c’est indéniable, pas une soirée ne se passe sans qu’un de leurs nombreux tubes ne soit passé et il faut avouer qu’il est difficile de se retenir de danser devant l’efficacité de « Money », « Take a chance of me » et j’en passe. Si le groupe s’est dissout depuis 25 ans, ses chansons n’ont cessés de continuer à truster les soirées depuis avec l’aide des nombreuses rééditions des albums et de tournées mondiales de jeunes sosies pour rappeler combien ABBA fait partie du patrimoine mondial. Ce succès intemporel a permis, il y a une dizaine d’années, à d’ambitieux metteurs en scène d’envisager une comédie musicale composée essentiellement de chansons d’ABBA. Le musical de Broadway a eu un tel succès qu’il a vite été envisagé de l’adapter au cinéma mais il faudra attendre 2008 (questions de droits qui avait déjà poser problème a la conception du spectacle) avant que celle-ci nous parvienne sous la forme d’un véritable rayon de bonheur cinématographique !

Avant toute chose, il faut préciser que « Mamma mia ! » n’est en rien l’histoire du groupe ABBA mais une histoire originale sur laquelle se greffe les chansons du groupe. En cela, il faut reconnaître l’extraordinaire travail scénaristique qui a réussi à imbriquer chaque titre parfaitement, sans qu’aucune ne paraisse hors-sujet. Ainsi, bien que l’histoire soit légère et simple (une constante dans les comédies musicales), « Mamma mia ! » se hisse un peu au-dessus du lot par son récit soumis a des contraintes. On retrouve ça et la des références a ABBA tel le groupe « Donna et ses donnanos », le personnage de Steven qui est suédois (comme le groupe) alors que le reste du casting est anglais et américain ou bien les caméos de l’un des chanteurs comme autant de liens avec le matériel originel de « Mamma mia ! » sans pour autant interférer avec la pure création se déroulant sous nos yeux…

Nous voici donc transporter en Grèce pour un récit mêlant humour, émotion et relative kitscherie ou le casting s’amuse comme rarement dans une production hollywoodienne et par la même, nous amuse. Preuve en est, le générique de fin est assuré par tous les grands rôles du film dans un torrent d’extravagance et d’autodérision à vous plier en deux. On avait pas vu Meryl Streep aussi fraîche et juvénile depuis un bout et le film prend souvent des airs de colonie de vacances 70’s. Une joie qui émane et un solide remède contre la morosité…

Si la mise en scène ne brille pas d’inventivité (a l’inverse d’un « Chicago »), on l’oublie vite tant le cœur de « Mamma mia ! » réside dans des numéros de chant et de danse parfaitement maîtrisés et très entraînants. La joie de vivre irradie chaque coin de l’écran et ne donne qu’une seule envie, rejoindre les acteurs dans cette incroyable foire disco. En cela, il faut reconnaître qu’il n’y a bien que les américains (et les Indiens) qui sont capables d’un tel niveau de qualité dans ce type de productions. D’une, parce qu’ils en ont les moyens, de deux parce qu’ils en ont la culture et surtout, de trois, parce qu’ils en ont l’audace. Ce n’est pas de sitôt que l’on verra nos acteurs bobos chanter et danser comme cela (« Les chansons d’amour », « On connaît la chanson », « 8 femmes » ou « Pas sur la bouche » composant des exemples, pas forcément emballants, de la comédie musicale tel qu’on l’entend en France). Après, on pourra toujours se demander si les acteurs poussent toujours la chansonnette mais ce serait des considérations stériles tant il faut prendre « Mamma mia ! » pour ce qu’il est : un gros bonbon au cœur coulant de bons sentiments et a la coque pétillante et flashy !

En Bref : Une comédie musicale enjouée, dansante et insouciante qui fait taper du pied et dodeliner de la tête. Un pur divertissement qui n’a d’autre fonction que de mettre du bonheur dans les cœurs. Pari réussi !

Wanted - Choisis ton destin

Wanted – Choisis ton destin
Un film de : Timur Beckmambetov
Avec : James McAvoy (Wesley Gibson) ; Angelina Jolie (Fox) ; Morgan Freeman (Sloan) ; …
Sortie le : 16 Juillet 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h50
Genre : Actioner d’enfer
Public : Avertissement
Note : 4.5 Movizzz

L’Histoire : Entre un métier minable, des crises d’angoisse a répétition et une fiancée qui se fait entretenir par son meilleur ami, Wesley Gibson n’a pas une vie reluisante et il est le premier a le dire. Un soir, une femme l’informe que son père était un assassin hors pair tué la nuit précédente par un de ses anciens collègues. S’ensuit une fusillade qui va amener Wesley à prendre sa vie en main…si possible avec une arme dans l’autre…

L’Avis : Adapté d’un comic-book de Dave Millar et JG Jones, « Wanted - Choisis ton destin » s’impose d’hors et déjà comme la petite bombe fun de cet été, voire de cette année, 2008. Un film gorgé de références mais qui arrive a garder une identité propre, celle de son réalisateur : Timur Beckmambetov. A ce titre, le créateur de la saga « Nightwatch » passe avec succès son examen d’entrée des réalisateurs qui s’exportent en nous offrant un film généreux, exubérant et avant tout ultra-divertissant…

En ces temps ou on reproche à de nombreux films de sous-exploiter leur mythologie, cela fait plaisir de voir de nouveau un univers inédit, riche, régi par ses propres codes et habité par ses propres personnages, prendre vie sous nos yeux. Imaginant le récit d’un jeune comptable blasé plongé par la mort de son géniteur au milieu d’un règlement de comptes entre assassins surhumains, « Wanted – Choisis ton destin » réussit le tour de force de raconter une histoire «sérieuse » (on y reviendra) en y allant a fond les ballons dans l’action invraisemblable et la roublardise cool. En cela, on reconnaît parfaitement le style Beckmambetov déjà présent dans « Nightwatch » et sa suite et qui s’avère ici un écrin parfait pour « Wanted – Choisis ton destin ». Entre un passé dans la pub et une véritable vénération du bonhomme pour les productions Bruckheimer et Silver, le camarade Timur n’est jamais aussi inventif et habile que quand il s’agit de mélanger les codes, de promener sa caméra dans les endroits les plus insolites ou de bombarder l’image d’effets. Mélange d’ « Underworld » et de « Matrix », « Nightwatch » s’imposait comme un divertissement aussi efficace qu’inventif, aussi généreux dans son fond que classe dans sa forme. Un postulat plus qu’honorable que beaucoup ont boudés sous prétexte d’une histoire trop bordélique. En ce cas, « Wanted – Choisis ton destin » risque, non seulement de combler les fans du père Timur, mais également de réconcilier les déçus de « Nightwatch » et « Daywatch »…

Premier bon point, « Wanted » (dont le « Choisis ton destin » du titre VF est aussi neuneu qu’inutile) ne se repose pas sur sa caution summer-movie et nous propose une histoire riche et prenante ou le film de super-héros invite le thriller, sachant même doser du suspense et nous surprendre via quelques savoureux mini-twists. En cela, il n’y a jamais de flottements dans l’heure cinquante de l’intrigue et autant dire que l’ennui est déclaré persona non grata. Si l’influence de « Fight Club » et « Matrix » (encore…) flotte sur le fond comme sur la forme du film, la comparaison s’arrête la car Bekmambetov débarrasse son histoire de toute considération psychologique ou morale au profit d’un fun a toute épreuve et dynamique qui garde néanmoins une petite aura anticonformiste. Cette note d’intention, louable par son honnêteté, se double d’une action en roue libre qui défend ardemment l’idée d’un cinéma pop-corn sans limites cohérentes (les lois de la physique notamment) mais ouvertement jouissif…

Orchestrées de main de maître, ne prenant jamais le pas sur l’intrigue, les scènes d’action du film sont variées, spectaculaires et saupoudrées d’une coolitude réellement salvatrice. Voitures aériennes, balles qui curvent, sauts de malades, … ; tout relève du délire pur mais, au sein d’un film comme « Wanted », elles passent comme une lettre a la poste. D’autant plus que le film évite le piège « Shoot’em up » a savoir aller trop loin. Rayon influences, outre les films cités, le film puise logiquement dans le comic-book originel et également un tantinet dans le jeu vidéo. Quant au casting, entre un James McAvoy ultra-convaincant et une Angelina Jolie dont la seule présence invite a la demande en mariage, pas de quoi se plaindre même si il est évident qu’elle cachetonne ici, comme Morgan Freeman. Un score épico-électro-rock assez réussi signé Danny Elfman clôt ce chapitre 4 étoiles…

Même si on pourra tiquer sur un ou deux effets de mise en scène ratés, ce serait hypocrite tant « Wanted » s’illustre comme un des plus parfaits exemples d’un cinéma fun, décomplexé et bien foutu. Du plaisir a dose extrême !

En Bref : Du cinéma de divertissement comme on l’aime : foisonnant, intègre et cool. Ne boudez pas votre plaisir, « Wanted », c’est du fun en barre !

Harold et Kumar s'évadent de Guantanamo

Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo
Un film de : Hayden Schlossberg et John Hurtwitz
Avec : Kal Penn (Kumar) ; John Cho (Harold) ; Rob Corrdry (Ron Fox) ; …

Sortie le : 16 Juillet 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h47
Genre : Flatulence dans un magasin de parfums
Public : Tous publics
Note : 3 Movizzz

L’Histoire : En partance pour Amsterdam, Harold et Kumar sont pris pour des terroristes en essayant d’allumer un bang dans un avion. Interrogé par les autorités américaines, ils sont envoyés à Guantanamo Bay dont ils ne tardent pas à s’échapper pour regagner l’Amérique et prouver leur innocence…

L’Avis : Vous qui pensiez que Ben Stiller, Will Ferrel et consorts étaient les acteurs les plus flingués d’Hollywood et que l’humour « American Pie » voire « Big movie » était le plus gras jamais inventé (après celui d’un bon paquet de nos journaux paillards), alors fuyez séance tenante car vous n’aviez jamais vu « Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo » !

Même en ayant apprécié le premier volet d’Harold et Kumar, il est impossible d’être préparé au choc de ce deuxième épisode qui s’impose sans problème comme la comédie la plus trash qu’est produit Hollywood et a coté duquel « Borat » est souvent un modèle de savoir-vivre. Aussi léger qu’un repas KFC-Mayo, l’humour du film atteint les cimes du mauvais goût dès la première scène pour ne jamais décellerer durant quasiment deux heures. Gags autour du sexe (souvent), de la drogue (aussi) comme dans le premier mais également consanguinité, racisme ou terrorisme ! Toutes ces joyeusetés y passent dans une course sans fin pour surenchérir, scène après scène, dans la crasse, le déguelasse et le mauvais goût donnant lieu a l’humour le plus « fond-de-cuvette » jamais vu au ciné. Une profession de foi comme ça, d’ordinaire, ça vous flingue un film mais il n’empêche que ce coté jusqu’au boutiste, si il constitue le défaut majeur du film, s’avère aussi une qualité non négligeable…

Pour re-situer, les premières pérégrinations de Harold et Kumar remontent a 2004 avec « Harold et Kumar chassent le burger ». Post-American pie (dont les deux comédiens sont plus ou moins issus), cette comédie narrait le périple de deux américains respectivement d’origine chinoise et indienne, véritables obsédés d’herbe et de « gazon », jusqu’au fast-food « White Castle ». Sur ce pitch aussi con qu’assumé et durant 1h30, on suivait donc nos deux héros dans des situations farfelues, délirantes et forcément débiles ou apparaissait déjà une certaine propension au mauvais goût (la bataille anale est restée dans nos mémoires) toutefois bien moins exploitée que dans ce second volet. Pas exceptionnel, le film était cependant très sympathique grâce à une équipe et un script déjanté. Passé l’étonnement d’une suite (le film n’ayant ramassé que 17 millions de dollars au B-O ricain) sûrement a mettre au crédit d’une aura culte en Dvd, on découvre que la vocation première de ce deuxième épisode est d’aller plus loin, pas forcément plus haut en termes intellectuels mais surtout a fond les bananes dans le politiquement incorrect…

Véritable charge salace et cradingue contre tout ce qu’il y a de pourri aux Etats-Unis (Racisme sudiste, dérives sécuritaires, paranoïa,…). Le film nous rappelle a des auteurs comme Mike Judge, Trey Parker et Matt Stone dont les poilades hardcore n’avaient d’égal que leur charge contre notre monde actuel et ses dérives. Si ici, la critique est nettement moins fine, elle a pourtant la force de ne pas se contraindre aux concessions qu’impose Hollywood, non seulement thématiquement mais au niveau de la censure (Le film est R-Rated, c'est-à-dire interdit aux moins de 17 ans non accompagnés aux Etats-Unis). Dès lors, ce qu’on aurait pu gerber comme n’importe quel spoof-movie ou teen-movie trouve grâce a nos yeux en s’imposant comme un film a part dans un système de globalisation. Un truc réellement hardcore, agressif et no-limit qu’on estimera souvent tellement décomplexé qu’on aura du mal a en rire, par gêne et surtout par une certaine vacuité de propos quand le film en offrait l’occasion. Si vous voulez donc voir un mec se torcher avec le cinquième amendement, un autre se faire un plan a trois avec un sachet de weeds et une femme ou deux terroristes islamistes sucer un gardien (et encore si ça ne s’arrêtait qu’a ça), alors on ne peut que vous enjoindre a voir ce « Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo ». Certes, ça vise le slibard, c’est a ne pas mettre devant tous les yeux et ça ne révolutionnera pas du tout le cinéma (mieux vaut ne pas s’attarder sur la mise en scène, le scénar et la technique) mais c’est un plaisir coupable que tout fan déviant de comédie ricaine se doit d’avoir vu…

En Bref : Carrément offensant, profondément déguelasse, « Harold et Kumar s’évadent de Guantanamo » est le genre de film qu’on cache dans sa DVDthèque quand les amis viennent mais qu’on se mate seul parce qu’au final, on aime bien regresser. Un nanar marrant…

Hancock

Hancock
Un film de : Peter Berg

Avec : Will Smith (Hancock) ; Charlize Theron (Mary Embrey) ; Jason Bateman (Ray Embrey) ; …

Sortie le : 9 Juillet 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h32
Genre : Superman pochtron
Public : Tous publics
Note : 3.5 Movizzz

L’Histoire : Détesté par tous les citoyens de Los Angeles, Hancock est un super-héros… original. Buvant comme un trou, jurant comme un charretier, ce surhomme sauve la ville en y mettant une joyeuse pagaille et en allongeant sa liste d’ennemis autant que la facture des réparations. Son sauvetage de Ray, un conseiller en communication, va marquer un nouveau départ dans sa vie de justicier…

L’Avis : Will Smith, c'est un brave type. Toujours la banane, toujours le premier à déconner et surtout, toujours prêt a sauver la planète ou un tas de gens dans ces films. Mais quand le dit Will Smith se transforme en super-héros irascible et alcoolique, c’est quand même super jouissif !

Will Smith campe donc Hancock, le super-héros de Los Angeles que tout le monde déteste et dont les « exploits » coûte plus à la ville que si on laissait faire les criminels. En plus de ça, sa dégaine de SDF et sa propension à envoyer chier tout le monde lui valent une vie de loup solitaire. Visiblement, le père Will s’éclate à camper ce type plus grognon que méchant (c’est le prince de Bel-Air quand même, faut qu’il donne l’exemple) amené a changer pour devenir un vrai super-héros. C’est d’ailleurs a travers cette métamorphose que se dévoile le message du film : l’interrogation sur le mythe du héros. En devenant un vrai justicier, Hancock revient dans l’estime des gens et aide à bâtir un monde meilleur. Si on pourra être en désaccord avec cette idée de normalisation, il ne faut pas oublier que le film est américain et a une résonance particulière pour ce pays. Il faut voir en Hancock le reflet d’une Amérique prenant conscience de ses erreurs et tentant de s’améliorer (le choix de l’aigle comme symbole n’est, en cela, pas du tout un hasard) aux yeux de la population de Los Angeles (par extension le monde) pour être le surhomme (la première puissance) tel qu’il doit être : exemplaire. Une interrogation très américaine que beaucoup d’extrémistes de la culture, plus préoccupé de politique que de cinéma, qualifieront de propagandiste, à tort comme toujours…

Le film en lui-même répond aux codes du summer-movie avec toutefois bien moins de manichéisme que prévu. On est même surpris de découvrir, après trois premiers quarts d’heure fonctionnant sur un habile mélange action-comédie, un vrai film de super-héros empreint d’émotion (le dernier quart d’heure prend aux tripes). Peter Berg semble, dans cette seconde partie, centré son film sur les personnages avant de miser sur l’esbroufe visuelle et c’est un choix judicieux tant le trio d’acteurs irradie de talent l’écran. D’autant plus que le film réserve une surprise de taille en son milieu, ce qui lui permet de relancer son intérêt et de ne pas simplement raconter l’histoire d’un héros qui se réhabilite…

Moins judicieux est la mise en scène du film, très codé « 24 » ou « The shield » avec cadres tremblotants et éclairages foireux rappelant « Les experts : Miami » ou « Bad Boys 2 ». Trop télévisuelle, celle-ci est à mille lieues de ce qu’elle raconte et en totale inadéquation avec le score et la dimension épique du film. Quelques morceaux hip-hop n’arrangent rien a l’affaire, racolant a mort (merci les requins de la prod) auprès des djeun’s, friands de ce type de réalisation. Irritante tendance dont a aussi souffert « Au bout de la nuit ». Ça ne détruit pas le film pour autant, loin de la, mais l’empêche d’être plus qu’un blockbuster estival. D’autant plus que la peur de la censure (et donc d’un énorme manque a gagner avec une interdiction aux moins 15A) à visiblement obliger l’équipe a limiter les « fuck » (un comble quand le héros est un ivrogne asocial) et la violence du film…

On pourra également reprocher au film de faire comme le navrant « Jumper » ou l’excellent « Iron Man » et de ne pas exploiter sa mythologie. En clair, il manque un peu de fond à l’univers créé et surtout un méchant d’envergure car ceux du film, criminels rancuniers, sont assez ridicules. Tel le fameux « Iron Man », on sent que « Hancock » en garde trop sous le pied pour une éventuelle suite. Une frilosité regrettable. A coté de cela, l’heure et demie du film passe a une vitesse folle et on ne s’ennuie pas devant les péripéties de ce surhomme iconoclaste. Si l’histoire ne transcende pas du tout le genre, elle est servie au mieux par les comédiens, une action plutôt lisible comparée a ce qui se fait d’ordinaire avec ce type de mise en scène, un vrai sens du spectaculaire ainsi qu’un humour qui fait souvent mouche (excepté quelques blagues de beaufs qui tachent). Le contrat est donc habilement rempli, agrémenté de deux ou trois petits bonus qui permettent d’attendre, peut être pas avec une impatience démesurée, mais avec un intérêt certain, une suite…

En Bref : Un blockbuster estival bien calibré, bien fait et dont les (petites) sorties des sentiers battus du genre sont appréciables. Pas de quoi crier au génie, ni à l’originalité folle, mais on n’est pas volés…

Kung-fu Panda

Kung-fu Panda
Un film de : Mark Osborne et John Stevenson
Avec les voix de (VO) : Jack Black (Po) ; Dustin Hoffman (Shi-fu) ; Angelina Jolie (Tigresse) ; …
Sortie le : 9 Juillet 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h30
Genre : Animation poids lourd !
Public : Tous publics
Note : 4 Movizzz

L’Histoire : Devant la menace du retour de Tai Lung, un léopard qui ravagea autrefois la Chine, Oogway, grand maître du kung-fu, se voit appeler à nommer l’un des 5 guerriers du maître Shi-fu a devenir le guerrier dragon. Mais lors de la cérémonie, un panda nommé Po fait irruption et se voit désigné pour sauver la Chine

L’Avis : A raison de deux films par an, le studio « Dreamworks » décroche sans problèmes le titre de studio d’animation le plus prolifique. Un rendement qu’il paye qualitativement (on ne va pas a nouveau s’étendre sur cela) avec des scénarios améniques pourtant servis par une technique de pointe. Si « Bee Movie – Drôle d’abeille » avait surpris par d’énormes progrès narratifs, « Kung-fu Panda » entre dans une autre catégorie…

En effet, a l’inverse de « Shrek le troisième », « Souris City » ou « Madagascar », on attache beaucoup moins d’importance au scénario car celui-ci ne constitue pas l’enjeu principal du film. Ici, le studio « Dreamworks » a mis tout son talent au service d’une action débridée et très souvent épique que vient soutenir des personnages attachants et des gags savoureux. Ainsi, si on est surpris de la (relative) richesse de la première heure, la dernière demi-heure s’avère pauvre en péripéties. Comme si les scénaristes avaient déjà tout exploité alors qu’il n’en est rien, a ce titre, de nombreuses sous-intrigues auraient méritées une meilleure exploitation car c’est la première fois que « Dreamworks » suscite autant d’émotions notamment par des relations entre les personnages loin d’être manichéennes. A croire que le studio a injecté du « Pixar » dans son moteur…mais en quantité insuffisante. Quoi qu’il en soit, ce goût d’inachevé et, avouons le, de déception, est atténué par une mise en scène, un univers et une action simplement époustouflante…

Imprégné de culture asiatique, « Kung-fu Panda » reprend de nombreux codes des films de kung-fu que ce soit dans l’histoire, dans les personnages ou dans la philosophie que véhicule le film. En cela, c’est un hommage de première classe car l’univers peint devant nos yeux s’avère un savant mélange d’estampes chinoises, de poésie zen et d’héroic-fantasy asiatique que ce soit dans l’atmosphère ou les somptueux décors, scènes de combat homériques. Cet héritage transparaît aussi bien dans une mise en scène très cinématographique ou les cadrages et les plans rappellent au meilleur du cinéma de kung-fu, probablement le film « Dreamworks » le plus abouti sur ce point, celui du rapprochement avec un film live. Bien évidemment, ce réalisme dans la réalisation est envoyé aux orties dès que la castagne commence. Pourquoi s’imposer des limites humaines quand on a des animaux qui font du kung-fu ?

A ce titre, on en peut qu’être béat d’admiration devant le résultat et surtout devant le travail de fourmi qui a du être fourni par les animateurs pour arriver a cela. Ça vole, ça explose, ça tape, ça rayonne dans tous les coins de l’écran avec un sens du rythme, de la fluidité et du spectaculaire qui frise l’indécence. Quand par-dessus ça, on fait se dérouler les scènes d’action sur des lieux comme un pont suspendu ou une crevasse gigantesque, on ne peut qu’applaudir devant la dimension épique des images. Soutenu par des effets spéciaux et de lumière magnifiques, les scènes d’action de « Kung-fu Panda » sont de véritables standards en devenir…

Néanmoins, ne pas reconnaître le principal travers dans lequel est, à nouveau, tombé « Dreamworks » serait une erreur. « Kung-fu Panda » souffre du syndrome « Shrek le troisième », à savoir une surexploitation du personnage principal au détriment des autres. Dans le cas précis, un gros panda nommé Po qui, par chance, n’a pas un antécédent de deux films derrière et se révèle donc inédit a nos yeux et incroyablement attachant dans sa volonté de bien faire. Car Po, fan de kung-fu, n’est rien d’autre qu’un geek a qui on donnerait la chance de jouer dans « Star Wars » ou « Spiderman ». Sa maladresse ne le rend que plus adorable à nos yeux et pardonne les quelques errements du personnage qui se révèle un peu « lourd » par moments. Mais voila, a l’exception de Shi-fu, aucun des autres personnages n’est approfondi , a peine Tigresse et Tai-Lung sont ébauchés (très superficiellement) que Mante, Grue, Vipère et Singe sont exécutés sur l’autel de la durée car c’est bien elle qui est a blâmer ici. Dommage car l’avantage d’un film plus long aurait été double : une meilleure exploitation des personnages entraînant une plus grande richesse narrative. En l’état, Po phagocyte ses compagnons comme Shrek dévorait une bonne partie de son troisième épisode. Des défauts qu’on espère corrigés dans la très probable suite mais qui n’empêche pas de croquer dans ce « Kung-fu Panda » avec la gourmandise du cinéphage. L’été commence bien !

En Bref : Des progrès indéniables permettent à ce « Kung-fu Panda » de se hisser au dessus de bien de ses confrères « Dreamworks » sans toutefois atteindre le niveau d’un « Pixar ». Mais en l’état, un film d’animation spectaculaire et attachant plus que recommandable…

Sans Sarah, rien ne va !

Sans Sarah, rien ne va !
Un film de : Nick Stoller

Avec : Jason Segel (Peter Bretter) ; Kristen Bell (Sarah Marshall) ; Mila Kunis (Rachel) ; …

Sortie le : 18 Juin 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h51
Genre : Mortelllllle Saint-Valentin !
Public : Tous publics
Note : 5 Movizzz

L’Histoire : Ensemble depuis 5 ans, l’actrice Sarah Marshall quitte son petit ami musicien Peter Bretter. Dévasté par cette rupture, celui-ci part en vacances à Hawaï pour retrouver un semblant de moral et tombe…sur son ex et son nouveau petit ami, le chanteur Aldus Snow ! Persuadé de pouvoir la reconquérir, il reste…

L’Avis : Qu’est ce qui arrêtera la clique Apatow ?!! A l’origine producteur/créateur/scénariste de séries télés inédites en France (« Freaks and geeks » et « Les années campus ») ainsi que des premières conneries estampillées Will Ferrell. Le bougre inscrit, depuis son fameux « 40 ans, toujours puceau », chacune de ses productions comme un hit du BO ricain mais surtout comme des hits instantanés de la comédie. Après un « En cloque, mode d’emploi » qu’on pensait insurpassable pour un bout de temps, voici que « Sans Sarah, rien ne va ! » débarque et s’impose comme l’actuelle masterpiece déposée Judd Apatow. Histoire d’une comédie en passe de devenir culte !

Tout d’abord, ce n’est pas tant a Apatow qu’il faut tirer notre chapeau mais bel et bien à l’acteur-scénariste Jason Segel (Présent dans la famille depuis « Freaks and geeks », second rôle dans le récent « En cloque, mode d’emploi » et héros de l’excellente série « How I met your mother » depuis 2005) qui signe ici son premier scénario en solo. Quand on sait que jusque la, les productions Apatow s’écrivait le plus souvent a 4 mains déjà bien rodées a l’exercice de l’écriture, on n’a qu’un mot : respect ! Si certains aspects du scénar font penser a « Amour et amnésie » et surtout à « Les femmes de ses rêves », ces deux inspirations majeures disparaissent derrière un statut de comédie bien plus gustative que ses modèles (Et faut le faire !) ou le meilleur de l’humour ricain (références geek, éloge de la loose, humour décomplexé, improvisations surréalistes, private jokes, situations délirantes,…) fusionne avec une vision très juste des rapports de couples et en l’occurrence de la rupture (Jason Segel s’étant même inspiré de sa propre expérience pour nourrir le script). C’est d’ailleurs encore et toujours ce qui rend les films Apatow supérieurs a une bonne partie de la production américaine, et pas seulement rayon comédie. Sous une épaisse couche d’humour, une vrai profondeur émotionnelle que vient soutenir des personnages approfondis et attachants. Néanmoins, on ne tombe jamais dans la niaiserie car l’équipe sait toujours balancer, sans tomber dans les extrêmes, entre crudité (langage, sexualité,…) et sentiments justes. Il est fini le temps des « American Pie » et autres « Scary Movie » ou le meilleur était le plus lourd ou le plus scato. Des plaisirs coupables certes mais dont la défense contre les apôtres de la culture s’avérait vaine tant on reconnaissait les évidentes carences de ces comédies (Ou plutôt de leurs sequels et copies). Grâce a des gens comme Apatow (et les Farrelly également sur un créneau légèrement différent) ou bien le Frat-Pack, la comédie ricaine revient dans les bonnes grâces depuis bientôt cinq ans et ça fait du bien de voir des comédies de qualité avec du fond et de l’intégrité artistique. L’humour, entre les mains de la bande a Judd, est décortiqué, travaillé, varié sans concessions de durée (Il faudra s’y faire, chez Apatow, c’est deux heures ou rien, qui ici passent aussi vite que la consommation d’un joint dans un concert de reggae) ou de thématiques. Cette liberté de ton, cette fraîcheur, cet esprit geek est indispensable au paysage cinématographique actuel et c’est pour cela qu’au lieu de payer un ticket pour je-ne-sais quelle parodie a la con, ruez-vous dans les salles (même si il est vrai que le nombre d’écrans est limité et que les titres font tout sauf envie, merci les distributeurs !) pour les films Apatow, ça le mérite !

Parralélement à ça, l’ascension d’Apatow ces dernières années a coïncidé avec l’émergence (ou la confirmation) de nouveaux talents du rire tels Seth Rogen, Paul Rudd, Steve Carrell, Jonah Hill,… venant d’horizons divers mais s’affirmant comme une véritable bande, soudés et complémentaires dans l’art de la connerie décomplexée et dont la profession de foi de ne pas se soumettre a la normalisation imposée par notre monde, a assumé jusqu’au bout ses délires crétins et son ironie mais également a faire parler son cœur a rendue incontournable ses dernières années aux yeux des geeks. Il faut donc prévenir un monde incrédule que la poilade à déjà commencée et avec « Sans Sarah, rien en va ! », on a la synthèse de tout ce qu’il y a de génial chez Apatow productions. Un humour qui fait mouche et ne s’enferme pas dans des cases, des personnages délurés mais attachants, une vraie histoire bien écrite et jonglant entre la torsion de l’estomac et des sentiments véritables, sincères et justes. Un exemple pour situer à quel point les films de la clique à Judd se hissent 10 Km au dessus des autres comédies romantiques, c’est celui de Aldus Snow, le petit ami de Sarah Marshall (Géniale révélation que l’acteur anglais Russel Brand qui excelle). La ou d’autres auraient transformé ce personnage en parfait crétin antipathique et pourri, Nick Stoller et Jason Segel en font une rock star déjantée qui certes n’a pas inventé l’eau chaude mais pour lequel on a une véritable sympathie que même son ancien rival n’arrive pas a masquer tant le Aldus est cool, zen et finalement plus frappé et inoffensif que méchant et débile. Ca ne parait rien comme cela mais des choix comme ça émaillent tout le film et nous donne a voir « Sans Sarah, rien ne va ! » comme la meilleure comédie romantique depuis… « En cloque, mode d’emploi » ! Leader vous avez dit ?! Parallèlement a ça, et histoire de mordiller l’entertainment a l’américaine, le film nous offre des extraits de séries télé typée « Les experts » avec réparties a la con et jeu d’acteurs ampoulé a l’appui, tout simplement jouissives (Restez jusqu'à la fin !). De même, les chansons de Aldus Snow brocardent les artistes bobos et rebelles de supermarché avec une ironie salvatrice qui nous donnent juste envie de les fredonner tellement elles sont géniales de connerie. Quant a Kirsten Bell, l’autodérision dont elle fait preuve en incarnant Sarah Marshall (qui n’est autre que son double cinégénique) force le respect, elle n’hésite pas à se moquer d’elle-même (à savoir une actrice de série télé ambitieuse) en détruisant, au détour d’une scène de dîner, son choix hasardeux de carrière ciné qu’a été « Pulse ». Jouissif ! Puis de toute façon, tout le casting est top (D’un Jason Segel a poil aussi souvent que Django Edwards au musicien Hawaïen du troisième plan en passant par la sublime Mila Kunis et les délirants Paul Rudd et Jonah Hill) , si vous avez pas compris qu’il faut filer voir ce film, je peux plus rien pour vous et j’en ai marre d’écrire cette critique car il me faudrait 6 pages pour analyser cette comédie génialissime qui annonce encore de grands moments de rigolades tant Apatow nous surprend, lui et son équipe de joyeux lurons, de films en films, avec… la même recette ! Et ça, c’est la marque des grands créateurs !

En Bref : Du rire, du cœur, du bonheur ! Telle pourrait être la devise de la Judd Apatow Team qui s’applique plus que de raison a ce « Sans Sarah, rien ne va ! ». De la vraie, de la pure, de la grande comédie Ricaine ! S’en priver serait un outrage !

Super-héros movie

Super-héros movie
Un film de : Craig Mazin
Avec : Drake Bell (Rick Riker/Dragonfly) ; Sara Paxton (Jill Johnson) ; Christopher McDonald (Lou Landers/Le Sablier) ; …

Sortie le : 4 Juin 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h25
Genre : Super mauvais
Public : Tous publics
Note : 1.5 Movizzz

L’Histoire : Piqué par une libellule génétiquement modifiée, le jeune Rick Riker se voit doter de super pouvoirs. Au même moment, un scientifique fou se transforme en un génie du mal : le Sablier…

L’Avis : Autrefois symbole de la déconne ciné, la parodie tombe depuis quelques années en désuétude par la faute de fainéants arrivistes, pas capable de tenir un stylo et une caméra et dont le mot d’ordre est « Prends l’oseille et tire toi ! ». Nivelant par le bas un genre déjà pas glorieux par sa facilité de création (admettons le, faire une parodie c’est simple, la réussir beaucoup moins), les « auteurs » de ce genre de films ont pourtant désormais les mains libres pour saloper tout et n’importe quoi étant donné que ces comédies marchent bien au B-O ricain et coûtent au maximum 40 millions de dollars (35 pour le cas qui nous intéresse, un sacré gaspillage quand même). Si mes projecteurs se braquent sur les tacherons responsables de « Big Movie » que sont Aaron Seltzer et Jason Friedberg, ce « Super-héros movie » n’a pas de quoi être fier car il est loin d’être le messie qui relèvera le niveau quand bien même il est chapeauté par David Zucker a la production. Petit bilan d’une comédie pataude, lourde et mal foutue incapable d’exploiter ce qu’il prétend parodier…

Après les films d’horreur, les comédies romantiques, les films catastrophes, les blockbusters et j’en passe, ce sont ici les films de super-héros qui sont passés à la moulinette. Un catalogue riche et un terrain propice aux idées les plus farfelues qui ici donne lieu à un film sans saveur et de pure consommation. Reprenant pour trame « Spiderman », « Super-héros movie » commet déjà le tort de ne jamais en exploiter la fibre héroïque. Faute d’un budget le permettant et de réelles ambitions, Craig Mazin ne fait PAS une parodie de films de super-héros et détourne son sujet au profit du confort douillet d’un comique de base (un mec qui se prend des murs, qu’est ce qu’on se bidonne !), éculé, plus poussif tu meurs, nourri d’influences médiatiques actuelles et des tendances (I-Pod, Youtube,…) pour mieux caresser les préados dans le sens des premiers poils étant donné qu’il constitue la majorité des spectateurs. Et même avec cela, les gags sont assez faibles et arrache péniblement quelques rires (même si, avouons le, le coup du sosie de Tom Cruise est a se tordre)…

Le problème va même plus loin car on sent que l’équipe ne porte pas les films de super-héros dans son cœur, les films brocardés le sont mal et tout ce qui fait le sel d’un film de super-héros est envoyé aux chiottes (univers, thèmes, dimension épique,…), toujours au profit d’une romance adolescente a la con. Vidé d’une substance essentielle, le film n’entretient que de minuscules liens avec l’univers des mecs en collants, majoritairement par des apparitions d’autres héros, présents pour remplir artificiellement un script désespérément vide. Pire, ces fameuses apparitions de la femme invisible, la torche humaine ou les X-Men tient du foutage de gueule intégral ! 5 minutes chrono, montre en main, c’est la place que tient l’ensemble des autres super-héros dans le film ! Ça la fout mal car d’une, leurs gags s’imposent comme les moins drôles, de deux, on se fait avoir comme des bleus par une campagne de pub qui nous promettait, via l’affiche (même si il ne faut jamais juger un film la dessus), bien plus !

Hélas, la catastrophe ne s’arrête pas la puisque Craig Mazin ne brille ni comme scénariste, ni comme metteur en scène. D’une laideur visuelle pas possible (décors en carton-pâte, costumes en plastoc, effets spéciaux hideux, fonds numériques,…), le film cumule les faux raccords dans des scènes plates qui puent l’artificiel et le script écrit sur un coin de table de fast-food. De plus, la logique de pudding du film empêche la cohérence dans la réalisation ce qui donne un résultat boursouflé tourné comme un sketch de « Benny Hill ». Les acteurs font ce qu’ils peuvent (et apparemment, ils peuvent pas grand-chose) mais n’y croient même pas ce qui finit d’achever un film qui, entre les mains de la team Whrigt-Pegg-Frost aurait été, a n’en pas douter, un pur moment de jouissance geek mais ne donne ici, au final, qu’un produit standardisé incapable de retrouver une once du génie du premier « Scary Movie », mal fichu, mal écrit, très mal réalisé, inégal (le film n’étant ni politiquement incorrect, ni totalement inoffensif ; ni gras, ni light), ennuyeux (sur 1h20, faut le faire) et qui continue d’achever un genre fond de cuvette qu’on a beau vouloir expédier avec la chasse d’eau mais qui reste accroché aux parois du trône. Le cas est certes moins grave que celui de « Big Movie » mais il serait temps de couper les vivres aux fainéants responsables de telles « œuvres » avant qu’une fatwa cinéphile se mette en branle. A bon entendeur…

En Bref : Lourde, pas drôle, chiante et assurant le très strict du strict minimum dans ses meilleurs passages, « Super-héros movie » ne mérite ni vos sous, ni qu’on s’y attarde…

Les chroniques de Spiderwick

Les chroniques de Spiderwick
Un film de : Mark Waters
Avec : Freddie Highmore (Jared/Simon) ; Sarah Bolger (Mallory) ; Mary-Louise Parker (La mère) ; …

Sortie le : 16 Avril 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h40
Genre : SpiderOUIIII !!!
Public : Tous publics
Note : 4 Movizzz

L’Histoire : Emménageant dans une vieille maison appartenant autrefois a un arrière grand oncle, la famille Grace essaye tant bien que mal de reprendre une vie normale après le divorce douloureux des parents. Jared, le plus affecté par cette séparation, est en rébellion constante et provoque souvent des conflits familiaux. Un soir, il découvre le livre d’Arthur Spiderwick, son arrière grand-oncle et l’ouvre sans savoir qu’il vient d’ouvrir les portes d’un monde derrière le monde…

L’Avis : A peine ces lignes entamées qu’on entend déjà la complainte du spectateur lassé : « Oh non, encore un ! ». Et oui, on n’y peut rien mais dès qu’Hollywood trouve un filon, il l’exploite jusqu'à ce que les spectateurs apposent leur veto par des échecs commerciaux cinglants. Le genre qui nous intéresse ici l’a déjà prouvé avec le four du pourtant très sympa « A la croisée des mondes : la boussole d’or » et les nombreux échos venant d’un peu partout résumant un état d’esprit général : on sature. En l’occurrence, de nos jours, on sature des adaptations ciné de succès littéraires d’héroic fantasy (ou simplement de livres fantastiques a fort potentiel cinématographique), notamment pour minots. Tout cela à mettre sur le compte de « Harry Potter » et sa clique Narnienne. Soudainement attiré par cette poule aux œufs d’or, les studios posent des options sur tout et n’importe quoi et nous sortent environ 3 ou 4 adaptations par an. Cette année, après « L’île de Nim », « Le dragon des mers – la dernière légende » et avant « Le monde de Narnia, chapitre 2 – le prince Caspian », voici « Les chroniques de Spiderwick ». Mais ne lui faites pas payer votre dégoût du genre car si vous ne devez voir qu’une seule adaptation de bouquin pour gosses cette année, c’est celle-ci…

Produit par Nickelodeon Movies et Paramount Pictures qui avait déjà donné une très bonne adaptation de la meilleure série de livres pour enfants du monde « Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire », « Les chroniques de Spiderwick » est l’adaptation a gros budget (conséquent même, prés de 92 millions de dollars) d’une série de 5 livres écrit a quatre mains par Tony Di Terlizzi et Holly Black. Comme d’habitude, l’aventure plonge des enfants dans un monde extraordinaire peuplé de gobelins, fées, trolls et ogres a ceci près que dans l’univers Spiderwick, ces créatures font partie de notre monde et sont juste cachés aux yeux des humains. La découverte d’un livre répertoriant tous les secrets de ce monde invisible par le jeune Jared va changer la donne et plonger nos trois héros (Jared donc, son frère jumeau Simon et sa grande sœur Mallory) dans un tourbillon d’aventures et de magie simplement étourdissant. Pas le temps de s’ennuyer dans ce film mis en scène par un réalisateur plus habitué a la comédie teen ou romantique : Mark Waters (« Lolita malgré moi », « Freaky Friday – dans la peau de ma mère » et « Et si c’était vrai ? »). Ici, on ne reconnaît pas du tout le bonhomme qui semble né pour faire du divertissement pour enfants, son sens du timing, sa mise en scène et la façon dont il donne vie a ce monde fantastique sont prodigieux. On ne voit pas cette dimension magique, on y croit !

Enfin, ce n’est pas à mettre au seul crédit du réalisateur tant ce serait ignorer l’incroyable travail de l’équipe des effets spéciaux qui s’est surpassé pour offrir des effets visuels ébouriffants, fluides et criants de vérité. Il n’y a qu’a voir la poursuite dans le tunnel avec le troll (autant prévenir tout de suite, certaines scènes peuvent impressionner les plus jeunes) ou le vol a dos de griffon, la magie est la, palpable ! Les scènes d’action sont nombreuses et impressionnantes et les moyens mis en œuvre pour combattre les monstres sont plutôt sympas. De même, le film possède une bonne couche d’humour pas nunuche pour un sou et fortement ironique, surtout quand il se présente dans une enguelade frère-sœur. A ce titre l’alchimie entre les deux comédiens principaux est parfaite. Trois héros…deux comédiens, non vous ne rêvez pas, c’est tout simplement parce que le jeune Freddie Highmore (qui a déjà tâté du divertissement familial avec « Arthur et les minimoys » et « Charlie et la chocolaterie ») incarne des jumeaux aussi différents dans leurs caractères que dans leurs looks, une jolie performance a mettre au crédit de l’acteur en herbe. Sa partenaire n’a pas à rougir d’autant que son joli minois devrait rendre amoureux pas mal de jeunes spectateurs. Ajoutez a cela l’absence totale de morale et de vrais sentiments, sans dégoulinade et vous n’avez plus qu’une question a poser : quels sont les défauts de « Les chroniques de Spiderwick » ? Et bien outre certaines réactions un peu imparfaites, le film va parfois trop vite dans son déroulement, ne nous donnant pas le temps d’apprécier pleinement l’histoire. Deux défauts de chipoteur car « Les chroniques de Spiderwick » gagne haut la main, en ce début d’année, la première place du podium dans sa catégorie. Une suite ? On n’est pas contre !

En Bref : Un divertissement familial de très haute tenue qui ravira petits et grands par un univers foisonnant, de nombreuses péripéties et un humour pas cul-cul pour un sou. De l’excellent boulot…

Les randonneurs a Saint-Tropez

Les randonneurs a Saint-Tropez
Un film de : Philippe Harel
Avec : Benoit Poelvoorde (Eric) ; Vincent Elbaz (Mathieu) ; Karin Viard (Cora) ; …
Sortie le : 9 Avril 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h45
Genre : Fric, sex and sun
Public : Tous publics
Note : 3 Movizzz

L’Histoire : 10 ans après leurs premières vacances en Corse, Matthieu, son frère Louis, Cora et Nadine ont pris l’habitude de passer deux semaines de vacances ensemble. Cette année, ils choisissent St-Maurice. Lors d’une escapade à St Tropez, Mathieu rencontre, seul, Eric, leur guide en Corse qui est devenu depuis une véritable star de St Trop…

L’Avis : Après un premier volet en Corse qui a cartonné en 1997, Philippe Harel revient a sa bande de randonneurs 10 ans plus tard pour une suite déplacée sur la côte d’Azur. Si le succès n’est pas forcément assuré d’office, « Les randonneurs a St Tropez » arrivant un peu trop tard après les premières aventures et n’étant pas une saga aussi culte que « Les Bronzés », le film s’avère une bonne comédie bien moins opportuniste que « Les bronzés 3 » ou « Astérix aux jeux olympiques »…

Tout d’abord, même si les chemins séparées des cinq acteurs vedettes sont honorables, seulement deux ont réellement décollés au ciné et continue une confortable carrière : Benoit Poelvoorde et Karin Viard. Ainsi, même si « Les randonneurs a St Tropez » est une tentative de renouer avec le succès pour Geraldine Pailhas, Vincent Elbaz (qui enchaîne les flops) et surtout Philippe Harel (acteur mais réalisateur également qui n’a jamais retrouvé le score de 1 500 000 spectateurs pour « Les Randonneurs » par la suite et dont les films marchent de moins en moins), l’équipe ne s’est pas tourné les pouces pour faire un produit opportuniste, banal et aux seuls intérêts financiers (d’ailleurs, le contrat passé avec les grandes marques est expédiée en une seule scène d’a peine 40 secondes). Cette démarche de sincérité et de donner une vraie suite aux aventures de Cora, Eric, Matthieu, Louis et Nadine est a saluer d’autant que le résultat, pas exempt de défauts il faut l’avouer, est très agréable…

Ainsi retrouve t’on nos protagonistes du premier épisode (excepté Eric que la bande des 4 a décidé de ne plus jamais revoir) dans leur périple a St Maurice pour des vacances entre potes au soleil et près de la plage. Ils ont tous évolués dans leurs vies mais pas dans leurs têtes et ça fait plaisir de retrouver une bande d’acteurs avec une alchimie de vrai groupe de potes, étonnement proches de nous dans certaines situations. En gros, le film sent le vécu, on a tous connu des vacances merdiques avec embouteillages, stores qui cassent, chaleur étouffante, prix exorbitants,…. Bref, l’identification et l’attachement sont totaux dès les premières minutes du film. Surgit alors Eric et commence la découverte d’un nouveau monde plein de fric et de paillettes pour nos héros, celui de St Tropez. Sur ce, Philippe Harel brode une série de gags sur l’argent et la superficialité de la jet-set (bien plus efficace en un quart d’heure que tout le film d’Onteniente), pas tous réussis certes mais dont le capital sympathie est très fort…

Et c’est bien la le principal attrait du film, être sympathique. On regarde « Les randonneurs a St Tropez » avec plaisir a défaut de se taper la tête contre les genoux. Le défaut majeur hélas est que Philippe Harel n’a pas su donner assez de peps à cette aventure, pas assez d’énergie. Le rythme est donc un tantinet mou du genou et, pour le coup, aurait pu emprunter un peu de l’énergie de la bande du Splendid pour doper le tout. A la place, Benoît Poelvoorde joue les flambeurs cons comme la lune (avec l’énergie qu’on lui connaît), Karin Viard se dévergonde, Philippe Harel joue les radins angoissés, Vincent Elbaz le con a la cool et Geraldine Phailas la romantique. Si la distribution prend plaisir visiblement a jouer, elle aurait mérité une meilleure répartition du temps a l’écran pour chaque protagoniste car Elbaz, Harel et Phailas semble en retrait la plupart du temps. Est-ce pour signifier la différence entre le monde de St Tropez et le leur ? Impossible vraiment de savoir, tout ce qu’on sait, c’est que « Les randonneurs a St Tropez » est bien plus drôle et sympathique que nombre de comédies françaises sorties cette année…ce qui est déjà une qualité en soi ! Pas sur cependant qu’on veuille y revenir pour un troisième volet comme l’annonce la fin du film…

En Bref : Sympathique sans être transcendante, un comédie un peu mollassone mais dont la distribution assure un agréable moment…

The eye

The eye
Un film de : Xavier Palud et David Moreau
Avec : Jessica Alba (
Sidney) ; Alessandro Nivola (Paul Faulkner) ; Parker Posey (Helen) ; …
Sortie le : 9 Avril 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h40
Genre : Expatriés aveuglés
Public : Avertissement
Note : 2.5 Movizzz

L’Histoire : Aveugle depuis sa petite enfance, Sidney est une violoniste émérite qui subit une greffe de cornée pour retrouver la vue. Si elle est déstabilisée par ce sens qui s’offre a elle, des visions terrifiantes commencent vite à lui apparaître, accompagné de cauchemars horribles et récurrents. Dès lors, elle va tenter de découvrir la vérité sur son donneur pour trouver la raison de ces visions de cauchemar…

L’Avis : Hollywood n’a plus d’idées en ce qui concerne le cinéma de genre, c’est définitif. Il n’y a qu’à voir la production actuelle pour s’en convaincre, quasiment que des remakes ! Après avoir ressuscité les canons de l’horreur 70’s avec « Massacre a la tronçonneuse » et « la colline a des yeux », Hollywood s’est mis en tête de remaker un peu tout et n’importe quoi venant du Japon, de Thaïlande ou de Corée du moment que c’est un film fantastique ou d’horreur. Autre grande tendance, demandez a des réals français émergeants ou hype de réaliser ces films, un boulot qu’ils acceptent sans faire de chichis, d’une parce que c’est Hollywood (le rêve secret de pas mal de cinéastes, avouons le) et de deux parce que c’est la croix et la bannière pour faire du genre en France alors qu’aux Etats-Unis, c’est limite si on ne vous pousse pas a en faire. En attendant « Mirrors » de Alexandre Aja et le navrant « One missed call » de Eric Valette, voici le « The eye » de Xavier Palud et David Moreau…

Adapté du film thaïlandais éponyme, « The eye » raconte la malédiction vécue par une jeune aveugle ayant subi une greffe de la cornée. En effet, au lieu de voir normalement, elle voit un peu plus que les autres et notamment des choses pas jolies-jolies style des morts. S’ensuit une enquête pour trouver la donneuse et savoir pourquoi ces visions lui apparaissent. A ce petit jeu, le « The eye » original n’était déjà pas très malin, ouvrant en grand le catalogue des clichés pour nous gaver d’apparitions furibondes, d’espaces vides et de fantômes pas sympas qui font exprès de faire peur quand on s’y attend. En bon remake, « The eye » 2008 fait la même chose, donnant lieu a un étalage des pires clichés du film de fantômes dans une première partie d’une banalité affligeante. Le résultat pourrait provoquer des départs immédiats de la salle si la ravissante Jessica Alba n’arrivait pas à porter le film sur ses épaules tout ce temps. Grâce a elle, qui apporte une véritable humanité a son personnage, on suit « The eye » sans passion certes mais avec un minimum de plaisir. Certaines scènes, et c’est logique pour un remake, sont des copier-coller de l’original mais n’en ont pas la force bref, le film pourrait être une véritable purge si le scénario ne décollait pas un minimum, essayant de faire la lumière sur cette affaire de cornée maudite…

Dès lors, pris au jeu de savoir pourquoi de telles visions assaillent l’héroïne, « The eye » nous emmène au Mexique ou des événements se lient les uns aux autres pour apporter une réponse. Si celle-ci n’est guère ébouriffante pour qui a déjà vu un film de fantômes, les profanes devraient y trouver leur compte même si une happy-end vient gâcher un peu l’ensemble. Quant a Palud et Moreau, écrasés par les conventions de la série B pour ados imposés par les producteurs (« The eye » est un pur produit de consommation pour teenagers), leurs ambitions sont revues a la baisse même si ils arrivent a apposer une ambiance au film de temps en temps (soutenue par un score très honnête). Nettement supérieur au « Dark Water » de Walter Salles et au « One missed call » de Valette (dont on reparlera si les distributeurs osent le sortir en France) donc mais largement en dessous de « Le cercle » qui reste a ce jour le seul remake US d’un film d’horreur asiatique véritablement efficace…

En Bref : Si ce remake ne prend pas le bouillon, c’est bien grâce à Jessica Alba et deux ou trois petites choses intéressantes. Le reste s’avérera, au mieux, divertissant, au pire, inutile…

Pénélope

Pénélope
Un film de : Mark Palansky
Avec : Christina Ricci (Pénélope) ; James Mc Avoy (Max Campion) ; Catherine O’Hara (Jessica) ; …
Sortie le : 9 Avril 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h40
Genre : Miss saucisson 2008
Public : Tous publics
Note : 4.5 Movizzz

L’Histoire : A sa naissance, Pénélope a vu s’abattre sur elle un terrible sort qu’une sorcière a jeté a sa famille des années plus tôt. Toutes les filles Wilhern naîtront avec un groin de cochon et le sort ne sera rompu que quand elles se feront aimer d’un noble. Jessica, la mère de Pénélope, met dès lors tout en œuvre pour que sa fille devienne normale. 22 années passent…

L’Avis : A vrai dire, quand on entend parler du synopsis de « Pénélope », on se dit : « C’est quoi ce bordel ? ». Il faut aussi dire que les histoires de groin de cochon sur une noble ne courent pas les rues. Passé la surprise et après adhésion (ou non, ça dépend a quoi on vous a biberonné cinématographiquement), on se demande comment traiter une histoire pareille. Mark Palansky a choisi et a décidé de n’opter pour aucune voie précise, mélangeant habilement la comédie Burtonienne, la romance et le conte au cœur d’une histoire émouvante, drôle et sans gras…

Cela passe d’abord par cette histoire farfelue (qui regroupe de nombreux éléments du conte tel la malédiction jetée, la protection, les tentatives de déjouer le sort, le prince charmant,…) dont on ne pourrait situer précisément l’époque a laquelle elle se passe tant chaque scène semble correspondre a une période différente du XXème siècle. A un moment on se croit dans les années 20 et a un autre en pleine folie 50’s, ce brouillard chronologique s’effectue par un travail sur les costumes, les décors et la photo brillant donnant tout de suite au film un cachet personnel. Même si il emprunte de nombreuses choses a Tim Burton (la chambre de Pénélope semble directement désigné par le réalisateur de « Charlie et la chocolaterie ») que ce soit au niveau des personnages (notamment celui du paparazzi nain et borgne), de la vision de la société ou de la métaphore sur le bienfait plutôt que la malédiction d’être différent, Palansky en exclut la noirceur. Son film est une comédie douce, légère et fraîche dont on savoure chaque minute comme autant de friandises sans jamais tombé dans la niaiserie ou la guimauve pour autant…

Car jamais le film ne s’avérera niais ou cul-cul, même dans sa fin, pourtant saupoudré finement d’une morale sur le fait, que Palansky n’appuie jamais, de s’aimer avant d’être aimé. Porté par un casting d’acteurs plus habitués aux seconds rôles qu’aux têtes d’affiche (à l’exception de Reese Whiterspoon, ici productrice avant d’être actrice), le film dégage une bonne humeur communicative aux gags parfois absurdes, ironiques mais toujours drôles et fins. Et comment enlaidir Christina Ricci qui même avec un nez de cochon reste la mignonne poupée angélique de « La famille Addams » (On parle du physique par angélique, rassurez vous) ou de « Casper ». Riche en péripéties, imprévisible, l’histoire de « Pénélope » se dote en plus d’un rythme solide qui fait passer a toute vitesse l’heure quarante du film. Que demander de plus alors sinon de voir plus souvent des films aussi simples, légers et mignons pour contrebalancer nos petites misères quotidiennes…et notre nez si banal !

En Bref : Un conte comique et romantique a savourer à tous les ages…

Mongol

Mongol
Un film de : Sergei Bodrov
Avec : Tadanobu Asano (Témudjin) ; Honglei Sun (Jamukha) ; Khulan Chuluun (Borte) ; …
Sortie le : 9 Avril 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 2h04
Genre : Khan le conquérant (sauf des écrans)
Public : Tous publics
Note : 2 Movizzz

L’Histoire : Fin du XXIéme siècle, Témudjin, fils d’un des nombreux Khan de Mongolie, choisit pour épouse a l’age de seulement 9 ans une des femmes d’un village voisin. Désormais uni, son amour pour elle va le conduire à devenir le plus grand chef de guerre du Monde…

L’Avis : Mis en chantier par le gouvernement Kazhak pour enrayer le supposé (et totalement ridicule) effet néfaste de « Borat » sur l’image du Kazakhstan, « Mongol » s’annonçait pourtant comme une bonne épopée historique a mi-chemin entre « Gladiator » et « Le dernier Samouraï ». Ce n’est pourtant pas du tout le cas car à vrai dire, il est impossible de dire ce qu’est « Mongol » !

Narrant l’ascension de Gengis Kahn, l’un des plus grands conquérants de l’histoire et unificateur de la Mongolie, « Mongol » nous rejoue le coup de démarrer a un certain instant de la vie de Gengis Kahn pour ensuite se déroulait comme n’importe quel biopic lambda. A ce titre, on ne sait si c’est rigoureusement historique ou simplement dans les mœurs mais dénoncer la misogynie de « Borat » tout en exposant pleinement celle de Kahn, désigné comme un héros durant tout le film, c’est gentiment se foutre de la gueule du monde. On suit donc l’enfance de Temudjin (vrai nom de Gengis Kahn), son adolescence et enfin sa vie tumultueuse dont les faits sont à prendre avec des pincettes, on ne sait toujours rien exactement de la vie de Gengis Kahn. Si on n’en voudra pas à Bodrov de nous raconter sa vision du grand chef mongol, il est par contre impardonnable d’avoir fait un film aussi chiant, long et creux que des ruptures de tons abruptes et insensées achèvent de rendre incompréhensible en terme de mise en scène et de narration…

Car finalement, le film n’a rien à raconter. Aucun enjeu, aucune montée dans la dramaturgie ou la narration, rien ! L’ensemble est déséspèrement plat, pompeux, les scènes de dialogues sont, au choix, ridicules ou bêtes et Sergei Bodrov tente de nous refaire « Gladiator » (mais version caricaturale) dans le parcours du héros et ce ne sont pas les très rares scènes de batailles, bien que superbement filmées, qui sauveront le film car, et ceci ne tient qu’a votre serviteur, la musique apposée dessus est horrible. Pour une fois je parle a titre personnel et si il y a bien un truc que je vomis en Mongolie, c’est leur musique. D’aucuns appelleront ça une touche pittoresque, moi j’appelle cela de la bouillie auditive avec tout le respect que je dois au peuplades de l’Est. Tout comme il est assez rageant de ne rien comprendre a l’histoire (du moins le semblant) a cause d’acteurs qui se ressemblent trop les uns les autres et dont les noms sont incompréhensibles. Bref, même si il est toujours agréable de voir des films autres que Américains ou Français, « Mongol » n’est pas un bon film, point barre.

En Bref : Une lente et longue agonie sur fond d’histoire Kazakh, ratée, pompeuse et pompante. A fuir…

Horton

Horton
Un film de : Jimmy Hayward et Steve Martino
Avec les voix (Vo) de : Jim Carrey (Horton) ; Steve Carell (Le maire de Zouville) ; Carol Burnett (Madame Kangourou) ; …
Sortie le : 2 Avril 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h35
Genre : Elephantastique
Public : Tous publics
Note : 4 Movizzz

L’Histoire : Un matin comme les autres, Horton l’éléphant se baigne dans la mare quand soudain il voit passer près de lui un grain de poussière qui crie. D’abord interloqué, il protège ensuite ce grain de poussière, persuadé que des personnes vivent dessus, et arrive a rentrer en contact avec les habitants de ce grain, les Zou du monde de Zouville…

L’Avis : Qu’on se le dise, si « Horton » brille, ce n’est nullement pour son scénario. Adapté d’un livre du Dr Seuss (star du livre pour minots dans les pays anglophones) également auteur de « Le chat chapeauté » et « Le grinch », « Horton » était a l’origine une petite histoire que Blue Sky (« L’age de Glace » et sa suite, « Robots ») a du étoffée pour la rendre adaptable sur grand écran en un film d’animation. Celle-ci est, pour tout dire, simpliste mais, a l’heure ou on gueule sur Dreamworks justement a propos de ses scénarios minimalistes, Blue Sky arrive a nous faire passer au delà de ça par un niveau en animation et en humour simplement prodigieux…

Cela passe déjà par un retour aux sources du comique d’animation, ici pas de dialogues roublards ou de références pop (si ce n’est un passage manga) mais bel et bien un humour cartoonesque, héritier de Tex Avery ou des Looney Tunes. Du comique de situation tout en volumes, corps qui s’étirent, machines absurdes, lois physiques bousculées bref les recettes d’il y a 50 ans qui ont fait leurs preuves et se mettent au service d’un film a la pointe du progrès en matière d’imagerie 3D. Ou comment lier deux générations de divertissement animé. Si la majorité de l’humour passe par la, Blue Sky n’en délaisse pas quelques répliques bien sentis et surtout ce qui a fait le succès du studio : la création de vrais personnages.

Car si la mécanique de « L’age de glace » fonctionne pleins-tubes, c’est grâce à des personnages attachants, haut-en-couleur dont le caractère est développé de sorte à les rendre incroyablement criants de vie et proche des hommes. « Horton » n’échappe pas a la règle avec donc le gros néléphant homonyme, courageux, volontaire et au grand cœur ; le maire de Zouville, angoissé et hyperactif et une bonne demi-douzaine d’autres qui ressemblent pour certains a des animaux, pour d’autres a une variation animalière et encore pour d’autres a des créatures directement sortis de l’imaginaire Seuss et/ou Blue Sky. Le look des Zou est, quant a lui, un mélange de Chat Chapeauté et de Grinch…

Si la cible du film est familiale, la morale, elle, est totalement déstiné aux marmots. Ca aurait pu être mièvre, ça passe tout seul grâce a une certaine autodérision dans le procédé même de la morale et surtout par un message qui n’a pas besoin d’être appuyé quand celui-ci s’exprime simplement a travers le personnage massif d’un éléphant et son amitié avec un être microscopique. En cela, « Horton » surprend car il fait du neuf avec des méthodes vieilles comme le monde (enfin du moins depuis la création du premier dessin animé) en les transcendant. Bref, « Horton » c’est du lourd !

En Bref : Un film d’animation familial superbement animé, hilarant bref que du bonheur en attendant « l’age de glace 3 » pour 2009…

Disco

Disco
Un film de : Fabien Onteniente
Avec : Franck Dubosc (Didier Travolta) ; Emmanuelle Beart (France Navarre) ; Samuel Le Bihan (Walter) ; …
Sortie le : 2 Avril 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h45
Genre : Danc(r)ing queen
Public : Tous publics
Note : 3 Movizzz

L’Histoire : Didier Travolta, chômeur au Havre et endetté jusqu’au cou suite a un mauvais plan, se voit menacé par la mère de son fils de ne pas le voir si il ne l’emmène pas en vacances. Quand se présente un concours de disco organisé par son ami Jean-François Jackson, directeur de la boîte du « Gin Fizz », cet ancien roi des pistes de danse reforme son trio , les « Bee Kings », pour un ultime tour de piste…

L’Avis : Les années passent et finalement, rien ne change réellement. Une maxime s’appliquant a la fièvre Disco qui revient cycliquement en France (et ne manquera pas de revenir avec la sortie du film) mais également au réalisateur Fabien Onteniente dont c’est ici le 8ème film et qui, depuis « Jet set », s’est consacré a un créneau de comédies populaires qui cartonnent en salles mais rarement dans les critiques. Et pour cause, au sempiternel combat pauvres gens du peuple sincères/méchants riches totalement niaise, Onteniente se fout de la gueule du monde en transformant ses films en spots de pubs géants. Si ces deux constantes, adjointes souvent a un scénario et des gags poussifs, se retrouvent dans « Disco », contre toute attente, la sauce prend bien mieux et même si le résultat s’avère moins drôle que « Camping » (première collaboration Dubosc – Onteniente), le film est ici bien plus « noble »…

Car si le potentiel comique de « Camping » est indéniable, sa structure en forme de suite de sketches (pour ne pas dire one man show Dubosc) et son effrayant populisme (prétextant que les campeurs étaient oppressés depuis des années, le film tentait de les réhabiliter comme des hommes avant tout) rendait le film assez méprisable (et beauf) dans un sens. Tout le monde vous le dira, un humanisme trop poussé nuira plus qu’autre chose. Pourtant, dans « Disco », l’humanisme émane des personnages et n’a pas besoin d’être appuyé, on s’attache aux personnages, on ne nous force pas à le faire. Il y a donc quelque chose de touchant dans ces loosers rois du dance-floor (enfin seulement dans la séquence finale car les autres compétitions font peine à voir) qui reviennent sur le devant de la scène, quand bien même, pour une fois, les enjeux sont multiples dans l’histoire de « Disco » et ne concernent pas seulement une compet’ de Disco…

Si, comme pour « Camping », Franck Dubosc vampirise la narration a coups de monologues qui ressemblent fortement a des sketches intégrés au film, certains acteurs tirent aussi leur épingle du jeu et en premier lieu, Emmanuelle Béart, peu cliente de ce type de productions qui ici donne un surplus d’âme au film et s’avère un véritable catalyseur a l’extravagance de Dubosc, les meilleures scènes du film sont celles du duo, incontestablement. Gérard Depardieu et Samuel Le Bihan semblent gagner aussi par la fièvre disco, le reste du casting est peu énergique ou convaincant, dommage quand on a Isabelle Nanty ou Annie Cordy dans l’équipe….

On passera sur Darty, Buffalo Grill, Carrefour, Paru-Vendu et Super U ou bien les guests que sont Danièle Gilbert et l’opportuniste Francis Lalanne (déjà présent dans « Astérix aux jeux olympiques ») qui n’ont pas besoin de plus de pub…

Quand à la mise en scène de Fabien Onteniente, il faut avouer que, dopée à une formidable BO disco, ses problèmes de rythme et de narration s’atténuent et l’heure cinquante du film passe agréablement, sans ruptures. Bien sur, « Disco » ne sera pas LA comédie française (« Bienvenue chez les Ch’tis » est loin au dessus) de l’année car il perd en comique ce qu’il gagne niveau réalisation et scénario. Les répliques fusent cependant ainsi que les références bien franchouilles et les situations cocasses. Mais force est d’avouer que si le duo Dubosc-Onteniente progresse ainsi, leurs prochains films pourraient être fortement intéressants. Alors rendez-vous au prochain…

En Bref : Pas excellente mais appréciable car cohérente en matière d’humour et de réal, a voir en attendant encore mieux. Perso, on croise les doigts…

Crimes a Oxford

Crimes à Oxford
Un film de : Alex de la Iglesia
Avec : Elijah Wood (Martin) ; John Hurt (Arthur Seldom) ; Julie Cox (Beth) ; …

Sortie le : 26 ars 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h45
Genre : Calcul mental niveau 6ème
Public : Tous publics
Note : 2.5 Movizzz

L’Histoire : Martin, jeune étudiant américain, est reçu a Oxford pour élaborer une thése mathématique. Voulant rencontrer le célèbre Arthur Seldom pour lui demander d’être son directeur d’études, il prévoit d’être loger chez une des amies de Seldom qui meurt, assassiné, quelques jours plus tard…

L’Avis : Les téléphages avertis n’hésiteront pas a définir ce « Crimes a Oxford » comme un épisode sur grand écran de la série « Numb3rs » sauce Agatha Christie et ils auraient bien tort car a vrai dire, le film n’exploite jamais sa fibre matheuse et pourrait tout aussi bien s’intituler « Hercule Poirot contre derrick » tant le thriller fiévreux gentiment mâtiné de « Seven » attendu se révèle un polar décevant et pas du tout transcendant…

Pourtant, des atouts indéniables sont dans le jeu de Alex de la Iglesia : John Hurt, acteur britannique de légende vénérable a jamais pour son rôle dans « Elephant Man », Elijah Wood qui semble être le dénominateur commun de nombre de succès geek (« Le seigneur des anneaux » et « Sin City ») et une histoire promettant une cogitation jouissive a coups de fractions et d’inconnus, de nombreux twists et d’un dénouement final surprenant. Or, il n’en est rien, les acteurs assurent le minimum, pensant jouer dans une pièce de théâtre et l’intrigue est, comble de l’horreur, d’une platitude crasse que seules quelques scènes rehaussent un peu. Mais il y a pire…

Riche d’un thème fort, l’obsession, le film ne l’exploite jamais allant jusqu'à ne jamais parler de maths, pourtant ici le principal vecteur de ce thème. A aucun moment, on ne verra jamais les héros chauffer des méninges devant un tableau noir et c’est bien décevant quand tous deux sont matheux et que s’installe progressivement une rivalité prof-éléve plus qu’intéressante. Hélas, trois fois hélas, sur 1h50, seul 45 doivent être consacrés à l’enquête. Le reste s’enfonce dans les relations entre les personnages qui n’évoluent jamais durant le film et quand celui-ci daigne retourner vraiment à l’enquête, le film se fait petit. Peu de vrais crimes, de petits alibis, de petites motivations comme un « Agatha Christie » dont l’intrigue serait « Qui a volé les cookies chez Mamie dimanche ? ». La révélation finale enfonce le clou avec une accumulation de faits-divers sans véritable lien les uns avec les autres…

Néanmoins, malgré ce statut de roman de gare cinématographique, il faut avouer que de la Iglesia sait filmer. A l’inverse de « Cortex » (qui est, rappelons le, a ce jour, le pire film de l’année), « Crimes a Oxford » a pour lui l’avantage d’être filmé avec talent, classe et véritable connaissance de la mise en scène ce qui permet a certaines séquences d’être franchement réussies : la conférence, l’infirme et le dialogue final entre le maître et l’élève. Associé à un rythme qui aurait pu être bien plus chiant, « Crimes à Oxford » arrive à être plus intéressant qu’un feuilleton et assez regardable malgré son intrigue moyenne mais les amateurs de thriller pur et dur pourront passer leur chemin.

En Bref : Un polar moyen sans être mauvais mais dont on attendait bien plus que cela, encore une déception de cette année 2008…

Chasseurs de dragons

Chasseurs de dragons
Un film de : Guillaume Ivernel et Arthur Qwak
Avec les voix de : Vincent Lindon (Lian-Chu) ; Patrick Timsit (Gwizdo) ; Marie Drion (Zoé) ; …
Sortie le : 26 Mars 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h20
Genre : Trésor de la grotte
Public : Tous publics
Note : 4.5 Movizzz

L’Histoire : Dans un monde lointain, le seigneur Arnold vit dans la peur et l’attente du Bouffe-Monde, le plus dragon de l’univers qui, toutes les dizaines de saisons, revient pour mettre a feu et a sang le royaume. Zoé, sa nièce, part alors en quête de chasseurs de dragons assez courageux pour entamer un périple jusqu'au bout de l’univers et tuer le Bouffe-Monde…

L’Avis : Haaa, la 3D ! Depuis son arrivée, format long métrage, il y a 13 ans avec « Toy Story », elle a complètement chamboulée les codes du cinéma d’animation au point d’être aujourd’hui préférer a l’animation traditionnelle. Des studios comme Blue Sky, Dreamworks et bien sur Pixar l’indétrônable, se battent en permanence pour se voir décerner les lauriers du public dans une éternelle course a la technologie de pointe, au scénario parfait et bien sur, ne nous le cachons pas, au dollar. En France, malheureusement, on n’a pas les moyens de se mesurer aux mastodontes ricains mais quand on fait de la 3D, on rate rarement notre coup (c’est pas pour rien que la fuite des cerveaux en ce qui concerne l’animation se fait majoritairement en France). Luc Besson l’avait prouvé avec « Arthur et les Minimoys » et Guillaume Ivernel et Arthur Qwak le confirment avec ce « Chasseurs de dragons » qui, avec un budget quasiment 10 fois inférieur a une production ricaine, se targue d’être l’une des plus belles réussites de l’animation 3D !

Déjà a l’origine d’une série télévisée diffusée depuis bientôt 5 ans sur France 3, d’une BD et d’encore bien d’autres dérivés. L’univers de « Chasseurs de dragons » a de quoi rendre fier ses auteurs tant celui-ci s’avère nourri d’influences superbement assimilés, de personnages truculents et d’une mythologie travaillé qui ne se contente pas d’aligner les bébêtes pour s’avérer cohérent. Dans un monde fait de rochers flottants en suspension surplombant une mer de nuages, « Chasseurs de dragons » suit les aventures de Gwizdo et Lian-Chu dans leur quête pour devenir riches en dessoudant des monstres (appelés dragons a défaut d’un autre nom) un peu casse pieds pour les habitants de ces micro-astéroides. Mêlant une poésie toute Miazakienne a de l’heroic fantasy cartoonesque, le monde dans lequel se déroule les aventures est visuellement bluffant, ample, épique et d’une beauté a couper le souffle. La lumière, les décors, les environnements