Madagascar 2Un film de : Eric Darnell et Tom McGrath
Avec les voix de (Vo) : Ben Stiller (Alex) ; Chris Rock (Marty) ; Jada Pinkett Smith (Gloria) ; …
Sortie le : 3 Décembre 2008
Sortie en Dvd le : Non sorti a ce jour
Durée : 1h35
Genre : Zoo itinérant
Public : Tous publics
Note : 4 Movizzz
L’Histoire : Après avoir bricolé la carcasse d’avion du roi Julian, les quatre stars du Zoo de Central Park, Alex, Marty, Melman et Gloria, repartent pour la grosse pomme après une escapade sur l’île de Madagascar. Mais le gang des pingouins, chargés du pilotage, fait crasher l’avion en pleine savane africaine…
L’Avis : Yes ! Encore un petit effort, un chouïa et ils y arriveront ! On parle bien sur des studios Dreamworks qui, depuis leur faux pas (tout est relatif) « Shrek le troisième », redresse lentement la barre pour ré-assurer un niveau qualitatif a la hauteur de leur brio technique. Après un « Bee movie – Drôle d’abeille » très original et un virevoltant « Kung-fu panda », voici que le studio passe encore un cran avec « Madagascar 2 »…
Comme son nom l’indique, « Madagascar 2 » est la suite d’un des cartons ciné de l’année 2005 : « Madagascar ». Récit de quatre animaux frappadingues qui retournent à la vie sauvage et échouent sur la fameuse île de Madagascar au large de l’Afrique, « Madagascar » bénéficiait d’une animation cartoonesque au poil et de gags savoureux qui arrivait un peu a masqué un manque évident de richesse narrative. Un défaut scénaristique et thématique qui, mine de rien, donna le coup d’envoi du glissement sur la pente raide de Dreamworks pendant 2 ans. Ce n’est pas pour faire nos chieurs mais le milieu de l’animation 3D, avec un géant comme Pixar, ne fait pas de cadeaux et on sait que Dreamworks, conscient de ses errements, si il continue dans cette nouvelle voie amorcée par « Bee movie – Drôle d’abeille », peut nous faire un vrai chef d’œuvre, ou tout du moins un grand film d’animation. Ainsi continue t’il a faire des progrès, lentement mais sûrement, offrant des films d’animations qui se surpassent. Certes, « Madagascar 2 » porte encore des défauts made-in-Dreamworks mais il s’impose avant tout comme une suite supérieure a son modèle et un film d’animation des plus indispensables…
Est-ce qu’ils y avaient pensé en 2005 ? Ba oui, quand on lance un film d’animation à fort potentiel de franchise, on ne le nomme pas du nom de lieu de l’action parce qu’on passe pour des imbéciles quand on change de cadre. Ça, c’est pour la plaisanterie mais vous l’aurez compris, notre joyeuse ménagerie bouge, pour l’Afrique plus précisément. Voila donc Alex le lion, Marty le zèbre, Gloria l’hippopotame, Melman la girafe mais aussi le gang des pingouins et le roi Julian en vadrouille dans une réserve africaine suite à un accident d’avion sur la ligne Madagascar-New-York. Ce qui amène nos héros a retourné, le temps de réparer l’appareil, sur la terre de leurs ancêtres, a la rencontre de leurs congénéres. Second succès Dreamworks (après « Shrek ») a se voir prolonger d’une suite, « Madagascar 2 » réitère la formule de « Shrek 2 », a savoir surpasser le premier volet sur tous les points que ce soit en terme de graphisme, d’humour, de narration ou simplement d’émotions…
Histoire de chercher la petite bête et de tirer les oreilles du géant Dreamworks, on reprochera principalement a « Madagascar 2 » de souffrir, encore et toujours, d’une surexploitation du personnage principal, a savoir Alex. Ceci empêche, surtout à l’issu d’un épisode bien plus chargé en émotion que le premier volet, de voir les autres personnages être pleinement exploités. Pourtant, entre le tchatcheur Marty en pleine crise existentielle et la relation compliquée de l’hypocondriaque Melman et de la voluptueuse Gloria, il y avait de quoi faire mais, trop occupé avec le retour du Michael Jackson a crinière en terre natale, les studios dosent maladroitement toutes ces intrigues. A ce titre, l’histoire du film souffre en son milieu de petits passages a vide, la faute a un script certes riche en situations rocambolesques et en gags (on est amplement repu…) mais trop dispersée pour que tous ces éléments forme le corps d’une histoire réellement construite. Pour terminer, on pinaillera sur une BO qui ne s’est toujours pas remis de « I like to move it » (ça en devient vraiment agaçant), de nouveaux personnages totalement ridicules (Notamment Mugata le lion et Makoto l’hippo…celui là, faut se le farcir) ou bien l’ouverture de nombreuses sous histoires qui n’aboutissent pas toutes et pour cause, elles sont justes prétextes a des gags. Si beaucoup de ces défauts étaient déjà reprochés à « Kung fu panda », ils sont toutefois moins présents ici, preuve de progrès malgré des faiblesses a la peau dure…
De plus, outre ces progrès, « Madagascar 2 » étoffe son univers et innove plutôt que de simplement se balader dedans et faire un peu mieux. Cela passe par une émotion plus présente même si on est dans un Dreamworks et que le gag n’est jamais très loin pour endiguer l’ouverture des vannes lacrymales et que le film devienne trop Pixarien (synonyme de sérieux chez la firme à la lune). On pourrait leur reprocher mais on connaît le studio et on sait que sa carte c’est le film d’animation déjanté et décalé. Ne jouant pas sur le même tableau, plus artistique, que le poulain de Disney (auxquels les films de Dreamworks tordent le cou parce que son patron, le requin Jeffrey Katzenberg, s’est fait virer du pays de Mickey autrefois), il serait hypocrite de le juger là dessus. Quoi qu’il en soit, les personnages gagnent en profondeur et l’attachement qu’on a pour eux en intensité. Cela va sans dire, le graphisme cartoonesque a encore gagné en fluidité et en prouesse technique ce qui accentue le coté déjanté de l’aventure qu’est « Madagascar 2 ». Ca court, ça tombe, ça crie, ça s’étire, ça se plie, s’enroule, se déroule en bref c’est comme le script, ça part dans tous les sens avec toujours cette touche presque cubique, voire brute, appliqué aux formes qui inscrit l’univers de « Madagascar » dans un style bien particulier. Cette dimension directement héritière du cartoon, qui fourmille tellement de stupéfiantes idées visuelles qu’en faire le tour en une seule vision est impossible, donne aussi a voir un film qui monte une dizaine de crans au dessus de son prédécesseur dans le délire. Bien plus drôle et plus fou que le premier épisode, « Madagascar 2 » plie littéralement en quatre le spectateur par un débit de mitraillette dans l’humour qui donne a voir des dialogues sublimement pétillants (notamment grave a un casting vocal qui s’éclate), des références savamment distillées (On pense forcément au Roi lion dans cette vision de la savane africaine et des animaux qui la peuple), d’une tonalité parfois plus adulte (voire même de l’humour noir, jouissif), d’un ton gentiment incorrect (Mamie la catcheuse ! et les bobos New-Yorkais) et un comique de situation qui montre que si ils ne sont pas des scénaristes talentueux, les artistes de Dreamworks sont bel et bien des gagmen de génie. Pas de surprises donc si dans ce nouvel épisode, ce sont encore une fois le commando pingouin et le roi Julian qui se taille la part du lion (appréciez le jeu de mot…) puisque chacune de leur apparition se solde par une crampe des zygomatiques. Nul doute que le film en préparation sur le gang pingouin risque d’être à mourir de rire. Au moins tout autant qu’un plus qu’hypothétique « Madagascar 3 » car au vu de cet épisode, on ne peut qu’en redemander mais, par pitié, évitez de faire la même connerie que pour « Shrek » ! Si on n’atteint pas le niveau de « Wall-E », « Madagascar 2 » monte sans complexe sur la deuxième marche de ce top animation 2008 en s’imposant non seulement comme une poilade familiale incontournable mais également comme l’un des meilleurs Dreamwoks a ce jour ! Le carton de Noël idéal et amplement mérité !
En Bref : Toujours pas du niveau d’un Pixar mais Dreamworks progresse, de film en film, et « Madagascar 2 » constitue l’un de ces fleurons. On rit comme une hyène en écarquillant d’admiration des yeux de ouistiti 1h35 durant, on aurait donc bien tort de se priver de l’aventure… Vous aimez avoir tort ?